Les Papiers
Voici une petite chronique, écrite bien humblement je vous l’avoue, sur les papiers avec lesquels j’ai déjà travaillé. Il faut que je vous dise : je suis une essayeuse et au fil des années (une douzaine déjà!) j’ai eu quelques coups de cœur.
Mon plus fort et celui qui dure encore c’est pour le papier currys 200lbs.C’est un papier solide, qui n’a pas peur de la gomme réserve et des mauvais traitements comme le grattage à la lame de rasoir ou les griffures d’une spatule. Il est un peu long à mouiller (il faut insister) mais il demeure relativement longtemps humide, assez pour s’amuser une bonne vingtaine de minutes .Bien sûr, il faut faire attention aux coins qui sèchent plus rapidement comme pour tous les papiers .Les papiers currys ne sont pas blancs mais on ne peu pas dire qu’ils sont jaunes .D’ailleurs, lorsqu’on cherche un papier super blanc il faut impérativement que la mention Blanc ou Blanc brillant soit inscrite sur l’emballage. Le 200lbs a l’avantage de bien se tenir, donc il n’est pas nécessaire de le fixer sur notre planche .Pour ce qui est du grain, il est plutôt moyen et très régulier dans le patron. Les pigments y adhèrent bien et on peut arriver à faire des lavis foncés en une ou plusieurs couches. Tant que la zone travaillée est mouillée on peut revenir pour adoucir les bords. Il donne un bon rendement pour les retraits mais ce n’est pas sa spécialité. Vous savez, certaines couleurs ne pardonnent pas ! Une des ses caractéristiques importante c’est qu’il a un excellent rapport qualité prix .Malheureusement, on ne le trouve que chez Currys à Saint-Hubert, par commande téléphonique ou par Internet chez Currys bien entendu !
Mon autre coup de cœur a été pour le papier Canson 140lbs deux côtés différents. Je m’explique .C’est un papier qui, d’un côté est lisse et de l’autre a une légère texture .Pour le mouiller, il faut s’armer de patience ou simplement le faire tremper. Cependant, une fois cette tâche accomplie, on a beaucoup de temps à notre disposition .En fait ce papier tiens plus de l’éponge que d’autre chose .D’ailleurs on a une sensation d’épaisseur quand on le travaille avec autre chose qu’un pinceau .Il réagit bien à la spatule, on peut repousser les pigments pour donner des effets. Le Canson n’aime pas tellement la gomme de réserve .Il faut vraiment attendre qu’il soit sec avant de frotter .Les impatient(es) seront punis!!!C’est un beau papier, assez peu connu et très blanc .Si vous en avez l’occasion, essayez-le.
Allons maintenant en terrain connu : le papier Arches. Il n’a pas besoin de présentation. Je ne vous parlerai pas du 140lbs que tout le monde connaît et que la plupart utilisent. Je vais me concentrer sur le papier 300lbs. C’est le coriace de la bande, un dur à cuire! Il faut vraiment le vouloir pour faire du « wet-on-wet »avec ce papier. Il est préférable de le faire tremper pour obtenir une surface mouillée uniformément. Mais pour travailler à sec c’est le champion, ou du moins le chouchou de plusieurs. Il va sans dire que pour le faire gondoler il faut être très malchanceux! On peut superposer plusieurs lavis sans faire de gaffes. Si on veut avoir des couleurs très foncées, il faut beaucoup de pigments et il ne cerne pas facilement. Pour ceux qui aiment faire des textures de bois ou de rochers c’est vraiment LE papier à utiliser. Le Arches vient en différentes nuances de blancs, du blanc brillant au blanc naturel (plus beige) et en trois grains. La surface la plus lisse est le papier hot press, comme pour tous les papiers. Viens ensuite le cold press, le plus fréquent et finalement le rough qui offre une surface rugueuse. Le choix de la surface relève du goût de l’artiste et du résultat désiré. Travailler sur le Arches 300lbs n’est pas le choix le plus économique…Il vaut mieux faire ses essais sur un autre bout de papier!
Passons maintenant à une autre maque de papier que j’aime beaucoup : le Fabriano. Il y a maintenant sur le marché la série Artistico de Fabriano qui je crois a été adoptée par plusieurs. En effet, c’est un réel plaisir de jouer sur les surfaces offertes par ce fabricant dont la réputation n’est plus à faire. Je crois même qu’il s’agit du plus ancien artisan de papiers. C’est un papier super blanc, ce qui permet d’obtenir des couleurs vraiment vibrantes. Si vous aimez les effets obtenus avec des cernes, vous allez vous régaler avec le Fabriano car c’est là une de ses grandes forces. C’est aussi un des papiers sur lequel il est le plus facile de faire des retraits. Par contre il est plus difficile de faire des lavis superposés car la couche du dessous à tendance à lever, surtout sur le hot press. Si on veut une valeur foncée, il vaut mieux y aller en une seule fois. J’ai surtout utilisé le hot press dans cette compagnie, dans tous les poids, 140lbs et 300lbs pour les qualités citées plus haut. C’est un papier qui me donne une impression de féminité…Je crois que cela est dû à la douceur avec laquelle il faut le traiter. Je m’excuse pour l’énorme cliché! Pourtant il n’a pas peur de la gomme de réserve. Pour ce qui est de la facilité à le mouiller, il gagne le concours dans la catégorie 300lbs. Par contre, le 140lbs sèche rapidement et si vous ne voulez pas de cernes, faut faire vite! C’est un papier que l’on trouve chez Omer de Serres de façon régulière parfois même en solde.
Maintenant je tombe dans la catégorie : WOW, je veux essayer, ça l’air le fun!!! Le plus bizarre de la catégorie est sûrement le papier Yuppo. Il tient plus du plastique que du papier d’ailleurs. Sa surface ultra lisse et super blanche est très très très glissante. J’utilise des superlatifs pour m’exprimer mais si un jour vous avez l’occasion de mettre le pinceau sur cette invention, allez-y, amusez-vous et vous allez comprendre le choix des mots! On peu obtenir des choses réellement surprenantes et des effets uniques. Je crois que c’est le papier du laisser-aller par excellence. Parfois ça fait du bien. Pourquoi vouloir toujours tout contrôler?
Une autre surface qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau c’est le carton d’illustration Strathmore série 500. Il est tout aussi glissant mais il est très épais. Il permet un travail à sec sans restriction de temps. Il est super facile de revenir au blanc justement à cause de sa surface lisse.C’est un très bon support pour faire des collages.
Ma dernière découverte : la toile Fredrix pour aquarelle. On la retrouve soit déjà montée comme une toile pour l‘huile ou simplement en tablette. Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience avec cette toile mais ce que j’ai fait jusqu’à maintenant m’a tout simplement emballée! Elle se travaille comme un papier avec des effets de wet-on-wet super. On peut utiliser la gomme de réserve, la gomme arabique ou tout autre medium qui sert à enrichir notre créativité à l’aquarelle. Le grand avantage que je trouve à la toile Fredrix pour l’aquarelle c’est la possibilité de pouvoir faire des encadrements sans vitre après avoir verni la surface. Il est toujours possible de maroufler son papier préféré sur une toile montée mais disons que l’ouvrage est déjà fait! Trêve de lâcheté, c’est surtout que l’on y retrouve la texture d’une toile!
Bon, je crois que j’ai pas mal fait le tour de la question. Je vous le redis encore : je ne suis pas une experte mais une aventurière ! Alors si vous n’êtes pas en accord avec mes propos eh bien tant mieux car cela prouvera que vous aussi vous aimez explorer des surfaces inconnues pour vous faire votre propre idée!
Merci de votre indulgence et à bientôt,
Diane Saint-Pierre
